Les racines françaises du cata de sport

 

Lucien Gourmez a 22 ans quand il s’endette et achète son premier catamaran. On est en 1955 . Il s’agit d’un Exocet ; vous savez : ce cata en bois de 5 m de long qui se plie en deux par le milieu.

Dès le début des années 60, Lucien et Monique emmènent leur cata à Livourne en Toscane. Ils traversent et vont faire … le premier tour de Corse en catamaran !

HistosSlon_1En 1967, la passion pour le cata se fait trop pressante. Lucien lâche enfin ses ateliers de polyester d’Angoulême et la production du dériveur Zef dont il avait la charge. Il fonde France Catamaran.

Très vite son goût pour les régates et pour les rassemblements de cata  (ils sont rares ; il faut se déplacer loin) l’amènent à mordre au Tornado et à se rapprocher des anglais. Les autres modèles du moment s’appellent encore Shearwater, Hydra, Condor. C’est le début des ses relations avec Panthercraft, déjà leader du marché. C’est aussi une préparation olympique en équipe de France pour les jeux de Montreal.

 

 

 

 

 

 

1976 voit la naissance de cette bête racée nommée Dart.  Voilà bien un best-seller immédiat. La communauté Dart se forme autour de Lucien et Monique ; l’arrivée de l’afiDart.

HistoSalon2On ne compte plus les dizaines de milliers de km parcourus en France et en Europe par le couple Gourmez pour soutenir le développement de Dart. De Valenciennes à Antibes et Saint-Raphaël, de Madine à Annecy, de Maubuisson à  La Rochelle, Carnac ou Brest, les Dart sont partout … et France Catamaran va déjà chez eux !

Spark, Stampede, Dartboard (si, si), Sting, Dart 15, 18, 20, TSX, 6000 (ahh le Dart 6000 !) ou Hawk, ils les voient tous passer.

HistoChavirage dartLe soutien à l’afiDart, c’est aussi la préparation répétée du bulletin « Le Dartiste ». Collecter les articles, photos et dessins ; mettre en page ; imprimer dans les bureaux sur la bonne vieille presse offset ;  brocher ; expédier ; ouf !  et on recommence pour le trimestre suivant ; un vrai métier.

 

 

 

 

 

 

HistoWib01Thierry Wibaux arrive lui des multinationales d’électronique ; un parcours qui a baladé sa famille dans divers pays, dont les Pays-Bas. C’est chez les hollandais qu’il découvre le Dart en 1982. Mordu illico par les régates et la bande de copains, le couple Wibaux s’illustre vite en régate et remporte le championnat de Hollande, plusieurs fois. Point d’orgue hollandais avec une troisième place au fameux tour de Texel devant 750 catas !

De retour en France, Christine et Thierry vont se distinguer en bousculant la hiérarchie du circuit Dart. Les coupes commencent à s’empiler sur la cheminée ! Son boulot qui le promène autour de la planète, c’est l’occasion idéale de devenir Président de l’IDA, la classe internationale Dart, de rencontrer toutes les associations Dart du monde, l’ISAF et surtout le constructeur anglais et son importateur français.

Le déclic se fera quelques années plus tard. Lulu et Monique aspirent à la retraite ; Thierry a envie d’indépendance ; la cession est rondement menée en 1996. La famille Wibaux, (les filles font déjà du Dart) adhère au projet et s’installe à Angoulême.

 

 

L’essor des écoles de voile a vu l’arrivée de Dart 16, le premier cata en sandwich rotomoulé qui a tracé la voie pour les suivants, puis celle de Funboat, cet engin révolutionnaire et déroutant qui a finalement su s’imposer dans les collectivités.histoWib02

Toujours fans de cata et de régate, la passion et le goût de la compétition continuent d’entraîner les Wibaux sur les circuits multiples. Avec le Hawk d’abord, roi des Formule 18 à son époque, puis avec le Spitfire où les tandems mari-femme  ou père-fille ravissent la famille.

 

 

 

 

 

histoWib03Ne pas délaisser le Dart pour autant, bien au contraire. Tout en animant et en assurant le support technique de terrain, ils trouvent le moyen de rester dans le groupe de tête et de gagner encore récemment un National Dart et même un Mondial Dart. Un savoir-faire qu’ils ne demandent qu’à transmettre et partager à l’occasion de ces régates, de journées d’essais ou de stages. «  A total, on a couru déjà 27 mondiaux ou européens en Dart ».

 

Reconnu au delà du Dart, Thierry oeuvre également en consultant bénévole et animateur pour la Fédération des Industries Nautiques et pour la Fédération Française de Voile. Que ce soit pour le marché global de la voile légère ou plus spécifiquement pour soutenir le développement des Ecoles Françaises de Voile, une seule motivation : tous sur l’eau pour partager ce plaisir !

France Catamaran a aujourd’hui la quarantaine ; une quarantaine pleine d’histoire, sage et expérimentée ; mais surtout une quarantaine dynamique et pleine de projets.